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Le bruit de la paix

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Messages : 1351
Date d'inscription : 06/10/2013
Sam 12 Juil - 21:24
Mon palais.
Je vous ferai visiter mon palais.
Le palais en question était juché sur une petit butte dans la plaine de Northendale. Bâti près d'un tas de ruines tellement érodées qu'il était impossible de déterminé à quelle construction elles avaient pu appartenir, il était de la sorte bien caché à la vue des voyageur et Zevran, comme les anciens propriétaires du lieu, y pouvait vivre dans une quiétude assez appréciable pour l'époque. Les bêtes s'en approchaient peu et ici, le vent semblait balayer jusqu'au spectre de la guerre. Il détestait cela. Il détestait cette ambiance de bout du monde, cette quiétude qui n'était que solitude et l'apparente tranquillité qui n'était que morne paysage à des lieux à la ronde. Il détestait devoir supporter plusieurs jours de marche pour atteindre ce lieu où il n'aimait pas rester et lors qu'il parvenait à s'y abandonner quelques temps, ce n'était que pour mieux repartir ensuite. Il n'était pas pratique, pas à sa taille, pas au bon endroit, mais c'était le seul qu'il avait à lui et ce qu'il y entreposait n'avait jamais été aussi peu pillé de toute son existence. Une bonne raison de s'y rendre, en somme, mais pas un plaisir. Il aimait Antiva, il aimait Simorgh, mais l'une n'était plus qu'un songe et l'autre trop riche en opportunité pour qu'il s'y risque les poches encombrées. Un sourire engageant à Fenris qui le suivait de peu, l'entraînant à sa suite alors qu'il s'approchait de la porte d'entrée. Ici, on entrait par derrière. La porte principale, il l'avait barricadée de l'intérieur, y avait cloué le cadavre d'un rat qu'il avait trouvé à piller le garde-manger. Les signes de sorcellerie bouseuse faisaient de bons répulsifs à curieux.

A l'intérieur, sous la basse charpente aux poutres poussiéreuses, de grandes pièces mal agencées, dépouillées de trop de meubles pour être agréables. La famille de fermiers qui avait vécu ici avait été nombreuse, et il était seul. Les meubles de la maison avaient servi à ne décorer que deux pièces, la cuisine et la chambre qui se trouvait juste au dessus, sous le toit. C'était là les deux seules pièces qui semblaient habitées, les autres n'étant déjà plus que le présage des ruines qu'elles étaient destinées à devenir. Le contraste était flagrant entre les vastes pièces vidées et les deux petites où on ne distinguait quasiment plus le sol sous les tapis ni les murs sous les draps bariolés. Un petit bout de chez lui peut-être, un petit nid de coussins et de couvertures qui faisaient décoration. Le fermier et sa famille s'en seraient peut-être scandalisé, mais à présent ils dormaient sous la terre du jardin, ils ne se réveilleraient pas.

_ Pas mal n'est-ce pas ? Je suis heureux que vous soyez là, cela faisait un moment que je désespérais d'obtenir un avis sur l'aménagement des lieux. Cela ne fait un peu trop tous ces tissus aux murs ? En plus cela garde les odeurs de cuisine, c'est assez agaçant...

Un air peiné parce qu'il l'était vraiment. Avec le palais venaient aussi les contrariétés domestiques, et il s'en passait bien. Il perdait son mystère de voyageur, sa gloire d'assassin, de Corbeau, dès lors qu'il se posait et il aimait mieux leurs envolées. Ils ne resteraient que le temps qu'il récupère de quoi leur payer une bonne semaine, une et demie si ils faisaient attention, mais il n'y comptait pas.

_ C'est chez moi. Pour quelques temps encore. Après...

Il ne savait pas, mais il savait qu'il ne resterait pas. S'établir dans un confort causerait sa perte, il y était plus en sécurité lorsqu'il n'avait nulle part où se cacher. Nulle part où être attendu. Il était plus en sécurité avant de rencontrer Fenris.

_ Je vais chercher quelques petites choses, je n'en aurai pas pour longtemps. Il y a un lit très confortable à l'étage si vous voulez...

... vous reposer, par exemple.
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Messages : 1351
Date d'inscription : 06/10/2013
Sam 12 Juil - 22:03
Cela lui manquait, à vrai dire.
Peut-être parce qu'il n'avait connu que cela pendant des années avant d'être livré à lui-même, mais avoir un endroit à lui lui manquait. Un lieu dans lequel se poser, se reposer, ne rien faire qu'attendre, rêvasser. Dans la villa, il y avait cette pièce ridicule dans laquelle on le parquait, dénuée de porte et d'intimité, parce qu'un esclave n'avait pas à avoir d'intimité. Le maître, si. Il se souvenait avoir détesté la porte de son bureau. Elle s'ouvrait mal et il ne savait jamais comment faire pour la tirer sans que Danarius ne trouve à redire sur ses manières. Plus tard, il l'avait envié. Il la lui avait envié tellement souvent qu'il en avait perdu le nombre. S'il s'agissait d'une chance, il allait régulièrement dans ce bureau. Il fermait toujours la porte derrière lui. Il n'avait plus qu'à partager son intimité avec Danarius.

Il l'avait gardé pour lui. Fenris entra, laissa le bout de ses doigts glisser le long de l'encadrement de la porte avant de s'écarter. Il l'avait gardé pour lui parce qu'il savait très bien ce que Zevran en penserait, et il n'avait pas envie d'entendre son avis là-dessus. Lui-même n'était pas certain d'avoir fait le bon choix et il savait que Danarius hésitait encore à considérer cela comme une bonne chose. Le fait était que même la mort n'avait pu les séparer. Zevran n'avait pas à savoir. Pas pour le moment.

- Je ne comprends pas votre obsession pour les lits.

Sincèrement.
Un regard qui accompagna un sourire. Pas l'inverse. Il le suivait des yeux, l'observait s'éloigner petit à petit, disparaître de son champ de vision, et il s'en revint sur le mur en face de lui. Il ne s'agissait pas d'odeurs de cuisine, c'était celle du vieux. De la poussière, et par certains côtés de l'humidité. C'était désagréable, mais il aurait suffit de jeter ces tissus. On vendait de très belles étoffes en Simorgh, il aurait été surprenant de ne pas croiser de tisserand capable d'habiller un tel mur. Un soupir et sa paume quitta la table de la cuisine lorsqu'il sentit les échardes le chatouiller. Voilà à quoi cela lui faisait penser.

- On dirait un bascloître.

Hausse la voix. À défaut de se voir, ils pouvaient s'entendre.

- Ou Lothering. Les fermes de Férelden, autour de Dénérim. C'est ça que cela sent. Férelden.

Un instant pour penser aux Hawke, aux Vallen. Puis aux Arainai, si toutefois ils étaient plusieurs, et à la tristesse de quitter Antiva pour un pays si terne, si verdâtre. Tefnuit n'était pas mieux. Le seul village du désert qu'il avait trouvé, plus proche du troglodytique que de l'antivan. Il espérait vraiment que Zevran n'ait jamais à y aller, il serait déçu. Trop déçu.

- Vous devriez rester ici. En faire votre chez-vous. Il suffit de pas grand-chose pour aménager un intérieur, vous savez.

Des tissus, des bougies, une cheminée et des montagnes de livres. Cela faisait l'affaire.
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