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Laisse moi te dessiner dans un désert [Tyee & Bergamote]

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Mer 4 Fév - 22:05

Le désert de mon coeur

Tyee

On m'a dit que vous étiez une bonne âme.
Alors me voilà sur le pas de votre porte, n'en ayant trouvé aucune autre désireuse de me laisser la franchir. De toute la ville. Je viens de West Orchards. De l'autre côté de Lewiston. Aucune porte ouverte de toute la ville. Une vraie traversée du... Non. Cela n'irait pas. Pas besoin de lui dire tout de suite. Ce serait suspect. Je ne sais pas où aller, je suis une âme en peine, égarée dans un immense... Non. Ouvrez-moi, juste. Il y avait des fuites d'eau dans mon oasis. Des fuites d'eau, de sable, de ce que vous voudrez, de ce que je ne trouverai pas ici où le monde de s'écroule pas, ne s'effrite pas, ne se craquelle pas dans l'ombre, ne tombe pas en ruines de l'intérieur. Mon monde.
Aride.
Sur le pas de votre porte.

_ Excusez-moi ? Il y a quelqu'un ?

Bien sûr qu'il y a quelqu'un. J'ai attendu qu'il y ait quelqu'un pour garer la voiture juste devant le portail, bien en évidence. Je n'aime pas laisser les choses au hasard.
Cela me rappelle quelque chose.

_ Monsieur Daendels ?

Elle préférait Tyee. Ils n'étaient pas encore là. Ils ne se connaissaient pas. A peine s'étaient-ils échangé un insipide salut quand elle lui avait adressé la parole, quand elle l'avait repéré au parc. Il n'avait rien compris. Il avait eu l'air mignon dans le genre gentil et un peu naïf, elle n'avait pas imaginé qu'il le serait à ce point. Aveugle. Elle l'avait croisé ensuite, deux fois, presque fortuitement dans ce quartier où elle ne foutait jamais les pieds. Apprêtée. Parfaite. Quelle surprise. Il n'avait toujours pas compris ou alors faisait très bien semblant. Ou alors il avait fuit. Elle aurait voulu savoir. Elle était là. Parfaite. Encore. Toujours. Comme une terre sans terre, juste sable et poussière.
Une terre brûlée. Infertile.
Fatiguée aussi.
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Mer 4 Fév - 22:06
DÉSERTS.
À la fenêtre, son fort vulnérable.
L'écrin s'était ouvert sur un bijou magnifique, il en frissonna. Elle n'avait rien à faire ici. Rien sinon condamner une cahute qui n'aspirait qu'à la paix, la condamner à supporter sa bien trop illustre présence. La Phantom avait des airs de bélier quand le gonfalonier griffait la porte en mendiant. Et lui, à la fenêtre, contemplait une créature merveilleuse en laissant sa main brûler contre la vitre close. Il n'y avait rien de plus à faire qu'attendre. Qu'elle comprenne que la porte lui était ouverte, qu'il se rendait. Il n'avait pas grand-chose à protéger d'une inquisition si puissante qu'elle finirait bien par déceler tout ce qu'il gardait en lui. Autour de lui. La main libre caressa l'angle de sa mâchoire, chercha le rasoir à tâtons. Les yeux étaient occupés ailleurs. Très loin d'ici. Il supposa qu'il n'était pas indécent dans un monde aussi mal sexué que celui dans lequel il avait migré de se présenter à elle sans vêtement pour couvrir son torse. Il n'avait plus rien à mettre, pas lorsqu'il faisait aussi chaud. Il n'avait même plus à sortir. Il attendait la pluie quand elle amenait avec elle la sécheresse. Daendels. Daendels. Qu'elle se taise. Pour l'amour du monde qu'elle se taise.

Elle se souvenait de lui. Elle l'avait trouvé, parce qu'ici il n'était pas difficile de le trouver. On le connaissait. Il était quelqu'un. Il était facile à trouver. Le tranchant l'entailla, à raison. La maladresse était le prix de l’inattention. Il aurait voulu croire qu'il se posait des questions mais il n'en était rien. Vous ne trouverez rien pour vous ici parce que je ne peux rien vous donner. Je n'ai rien qui puisse vous être profitable, je n'ai rien pour vous faire sourire davantage. Vous n'avez pas besoin de sourire. Vous avez besoin de terre, de fleurs, de couleurs. Vous avez besoin d'un artiste sculpteur pour rendre à votre visage des traits simples, d'un coloriste pour pigmenter vos joues avec de la vie. Je ne peux rien faire pour vous sortir de cet enfer de sécheresse. Mon désert à moi est un désert de glace.
Le sang qui gouttait de son menton et perlait le plan de travail de sa cuisine le réveilla. Brutalement. De l'eau sur la figure, sur la lame, sur les mains, une serviette pour éponger, un simple papier absorbant pour cacher la plaie. Et le regard bas, coupable, une fois sur le point d'ouvrir la porte, après une éternité d'attente.

- ...

Il voulut parler mais rien ne vint. Respire.

- Madame. McDonald.

Pour que vous soyez certaine que je vous reconnais. Que vous ne puissiez nourrir aucun doute là-dessus.

- ... Je ne... Je n'd-d-devrais pas vous faire... attendre. Comme ça.

Mais je ne peux pas vous faire entrer. C'est bien trop froid, ici.

- Avez-vous... Besoin de quelque ch-chose ?

Princesse Ardente.

______________________________

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Mer 4 Fév - 22:07
Le désert de mon coeur

Tyee
Sa maison ne faisait pas deux cent mètres carré. C'était un fait. Lui en faisait de deux hauteur, il avait de grandes jambes, alors pourquoi, bon sang, mettait-il autant de temps à lui ouvrir ? Il n'était pas elle, il n'avait besoin de tant de temps pour se présenter. Ou alors il avait peur. Elle pensa qu'elle lui avait fait peur. Elle n'était pas sensée savoir qu'il était là. Il attendait qu'elle parte. Peut-être. Sans doute. Elle choisit de rester davantage et elle choisit bien. Pourquoi lui avait-il fallu autant de temps pour ne pas s'habiller ?

_ Ce n'est rien enfin, ne vous excusez pas.

Elle aurait pu se mettre à culpabiliser.

_ En fait, c'est de vous dont j'ai besoin. De votre aide.

Une grande inspiration de circonstance car ce qu'elle avait à demander ce devait de paraître gênant. Et le regarder droit dans les yeux pour qu'il ne puisse pas s'enfuir.

_ Je voulais savoir si il vous était possible de m'héberger quelques temps. J'ai conçue moi-même ma maison mais malheureusement je ne suis pas architecte et il s'avère que certains paramètres n'ont pas vraiment été pris en compte. Infiltrations d'eau, qui remontent le long des murs et qui vont rouiller les structures métalliques qui tiennent la façade et la mezzanine en place à la longue et... je suppose que vous n'avez que faire de ces détails.

Elle parlait vite comme ces gens qui essayent presque de s'excuser d'avoir des problèmes alors qu'elle n'en avait aucun. La seule chose qui aurait pu la tracasser c'était que Tyee aille interroger les employés sur le "chantier" qu'elle payait à ne rien foutre quelques semaines pour rendre son excuse plus crédible. Evidemment il n'y avait aucune infiltration. Même sans être architecte, Bergamote McDonald n'aurait jamais laissé faire construire une maison à laquelle elle tenait autant sans s'être assurée que rien n'avait été oublié, bâclé, négligé. Et il avait fallu revenir sur nombre de points, elle avait même été à deux doigts de renoncer à sa façade en verre, mais ça il n'avait pas à le savoir. Qu'il la prenne donc pour une de ces femmes qui ne pensaient qu'aux apparences sans réfléchir à leurs fondations si il le souhaitait. C'était sans importance tant qu'il était ce qu'elle attendait de lui.

_ Je n'ai pas d'amis en ville et mes relations avec ma famille sont un peu... délicates, depuis quelques temps. C'est pourquoi je suis ici.

Tout à fait.

_ Les hôtels me font peur.
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Mer 4 Fév - 22:07
DÉSERTS.
Elle mentait à la perfection. Quoi de plus étonnant.
Les yeux dans les yeux, il n'osa les baisser. Elle savait captiver. Elle savait ensorceler. Elle savait faire en sorte de ne pas trembler, ne pas se laisser submerger par quoi que ce soit de malvenu. Elle tenait son corps et son existence d'une main d'acier, et il était inconcevable de la voir négliger une installation aussi importante que sa résidence au point de ne plus pouvoir y vivre. On ne laisse pas au hasard la scène sur laquelle on se produit jour après jour, on ne construit pas une façade vitrée sans s'assurer que tout, absolument tout, soit parfait. Ce n'était pas même une hésitation, une question. Il en était certain. Elle mentait. Rien ne trahissait son mensonge, seulement elle-même. Tout ce qu'elle était.
Il n'y avait pas d'eau à perdre dans son petit monde. Mais il voulait bien croire qu'elle ait besoin d'aide. De la sienne. Maigre sourire. Elle avait encore beaucoup à dire, et lui ne saurait jamais quoi répondre. Il avait à faire. Ranger, principalement. Ranger ce qui n'était pas encore caché, qu'il avait été obligé de ressortir, qu'il aimait avoir auprès de lui puisqu'il était seul, constamment seul, et qu'il n'avait rien à se cacher. Il n'était pas maîtrisé. Il n'était pas sophistiqué, et lui, il n'avait pas de secrets pour lui. Certain que ce n'était pas son cas. Même son regard était brûlant. Il finit par les baisser. Garda son pauvre papier sous sa lèvre, en agrippa un coin avec ses dents.
Inspire.

- ... Le W&B Inn p-p-pourrait peut-être v-vous héberger un moment...

Il finit de briser son cœur. Avala douloureusement sa salive.
Il n'avait pas l'habitude de croiser quelqu'un d'aussi malheureux. D'aussi profondément malheureux. Il le sentait.
Il le sentait.

- Non.

Non.

- Je... D-D-Désolé. Pardon.

Vous allez mettre du sable partout, je le sais. Je le crains. Mais si j'avais été à votre porte vous m'auriez laissé traîner ma glace derrière moi. Je le sais. Je le sais. Sous votre peau, il n'y a pas d'avarice. Beaucoup à donner. Comme moi.

- Laissez-moi... Préparer v-v-votre chambre... ?

Timide pli de bouche.
Il pouvait aussi l'aider avec ses valises, lui proposer de garer sa voiture, la faire entrer. Aucune idée de comment lui dire. Pas la moindre.
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Mer 4 Fév - 22:08
Le désert de mon coeur

Tyee
Il ne voulait pas d'elle.
Elle en était persuadée, pour quelques secondes, qu'il n'était finalement pas celui qu'elle avait imaginé. Quelques secondes qui furent vite balayées parce qu'elle n'aurait pas du douter de lui et elle lui sourit en réponse. Avoir l'air soulagé quand elle l'était vraiment, cela la mettait mal à l'aise, quand le jeu chevauchait le vrai, elle avait l'impression de jouer faux. Les préparatifs, cela pourrait attendre, elle n'avait nul besoin d'une chambre pour l'instant, seulement de rentrer, de fermer une porte opaque dans un mur opaque. Il se tenait dans l'embrasure d'un petit paradis et elle embrasée du désir d'y pénétrer. Tout de suite. Mais elle ne pouvait pas le pousser. Il était immense. Il était géant. Et elle était persuadée que si elle le bousculait il tomberait et se briserait en mille morceau, alors elle le toucha doucement là où il était déjà blessé.

_ Laissez-moi m'occuper de ça.

Un pas en avant. Il reculerait. Il avait baissé les yeux, il avait déjà perdu. Un autre, de pas. Juchée sur ses talons, elle n'était pas tant en deçà de sa taille finalement, elle y avait veillé, à cela aussi, mais n'avait pas pu se permettre de l'égaler sans que son but ne soit compris au premier coup d'oeil. Et les talons trop hauts, elle trouvait cela disgracieux. Elle n'avait qu'à lever la tête. Elle leva la tête. Juste un baiser, un tout petit baiser sur un morceau de papier, un rien du tout. Ses lèvres sur une entaille, toutes rouges, toutes les deux. Les bisous ça guérit tout. Il aurait fallu lui briser les côtes, les arracher une à une à une, fouiller entre ses poumons et embrasser son coeur sanguinolent pour tout guérir par un bisou.

_ Ne vous excusez pas, c'est moi qui vous remercie.

Elle n'était pas fatiguée et quand bien même elle le serait, elle dormirait n'importe où même sur le sol. Elle s'en moquait. Les murs étaient opaques. Il n'y avait pas d'apparences à préserver.

_ Et ne vous en faites pas, je vous payerai un loyer, en plus du reste.

Il ne s'en faisait certainement pas pour ça. Mais la porte opaque n'était pas encore fermée.

_ Merci beaucoup. Monsieur Daendels. Vraiment.
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Mer 4 Fév - 22:08
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Il n'avait pas eu le temps de reculer. Et quand bien même il l'aurait eu, il n'y aurait pas pensé. C'était évident. Une évidence qui lui fit écarquiller les yeux, une évidence qui ne se contenta pas de faire rosir ses joues mais de le faire mourir de honte en teintant tout son visage avec un carmin de mauvais goût. Une évidence quand même. Il ne s'y attendait pas, mais maintenant que le mal était fait, il fallait avouer que c'était prévisible. Presque naturellement prévisible. Il crut défaillir de sentir ses lèvres contre ses doigts. Elles n'avaient rien à y faire. Elle n'avait pas à le remercier. Pas comme ça. Pas aussi physiquement. Des mots, des mots. Cela suffisait amplement.
Mais non. Il fallait que tout soit parfait, et tout le serait jusqu'à ce qu'elle en décide autrement. Elle devait être venu ici pour cela. Se réfugier chez un imparfait pour être imparfaite. Ou peut-être s'agissait-il de la grotte d'un simple, et qu'elle avait pour projet d'en faire son centre de méditation, son temple de bien-être, son refuge, un asile parmi le paraître du quotidien. Il ne savait pas ce que cela faisait, de se sentir obligée d'être belle. D'embrasser qui bon il lui semblait par politesse, par gratitude. C'était un baiser. C'était un baiser, et ses doigts coincés s'en remettaient doucement. Lui ne s'en remettait pas du tout.
Elle n'avait tout à faire ici. Elle était entrée comme on rentre chez soi. Elle était à l'aise, toujours à l'aise, à peine gênée. À peine déséquilibrée sur des chaussures qu'il n'osait imaginer à ses pieds nus ne serait-ce qu'un ridicule instant. Le trait de khôl nourrissait ses yeux d'un poids élégant quand son rasoir lui arrachait la peau. Il se sentait étranger. Princesse Ardente venait d'emplir sa banquise de sable.

- Q-Q-Q-Q-Q-Q-Qu'est-ce q-q-que...

Respire.
Laisse-la s'écarter, écarte-toi toi-même, et respire. Ses yeux papillonnaient, son cœur se repliait sur lui-même, son crâne lourd tomba en avant, yeux clos. Un instant. Un instant pour se retrouver. Un instant pour choisir de se coller au mur, fermer la porte en accompagnant la poignée jusqu'au bout. Retarder les mots. Il savait qu'il n'avait rien à dire. Rien qu'il ne sache prononcer.

- C'est...

Déglutit en silence, détourne le regard d'elle. Faux départ.

- V-Vous...

Il n'y avait rien à dire. Pas après ça.

- ... Il... Je n'ai p-p-pas d'alcool, à boire. Enfin...

Pas qu'il ait dans l'idée que vous soyez adepte de l'alcool mondain, loin de là. Mais vous avez une tête à aimer boire.
Quel hôte pitoyable.

- Je... Je n-ne sais pas... Ce qui s-s-se dit. Là. Faites.

Faites ce qu'il doit être fait par un invité une fois accueilli. Aussi misérablement que ça, certes, mais accueilli. En quelques sortes. Lui, il avait besoin de régler une chose. En priorité.

- Je reviens. Très v-v-vite.

Et il sortit du tiroir de la console une clef et s'isola dans la seule pièce qu'il fermait toujours.
La chambre.
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Mer 4 Fév - 22:09
Le désert de mon coeur

Tyee
De l'alcool.
Elle n'en buvait jamais et pourtant elle n'aurait pas été contre. Elle n'avait pas imaginé le mettre dans un tel embarras. Le gêner, bien sûr, toujours, et elle n'avait même pas besoin de baiser pour cela, mais elle s'en voulait et elle ne souriait plus.

_ Tout va bien ?

Mais il semblait ailleurs et déjà parti, la laissant seule dans ce lieu qui lui paraissait immense d'inconnu. C'était une maison en bois, elle devait craquer, elle devait parler, et elle frissonna d'avance des nuits qui l'attendaient ici. Faites. Il lui avait dit de faire parce que lui ne savait pas mais elle ne savait pas plus, elle n'avait pas eu dans l'idée d'être là pour faire, juste d'être là, et elle était là, et il n'y avait rien à faire. Il n'y avait rien eut même été plus juste. Rien de spécial et tout étranger. Des chaises simples, une cuisine simple, même les portes étaient simple et sans doute réalisé par un petit artisan local. Elle avait bien imaginé quelque chose dans ce goût là mais pas à ce point, il y avait à ce demandait ce qu'un habitat pareil faisait dans une ville pareille. Et ce qu'elle faisait dans un habitat pareil. Rien. Parce qu'il n'y avait rien à faire et elle eu froid, et il ne revenait pas. Elle alla à la porte qu'il avait fermée derrière lui, elle ne le surprendrait pas, ses talons l'annonçaient, toujours, mais elle toqua tout de même discrètement à la porte, pour le faire de manière plus officielle. Conventionnelle. Attendue. Elle n'arriverait jamais à s'en défaire.

_ Je suis vraiment navrée, je ne voulais pas vous mettre dans l'embarras.

Presque pas. Mais il n'était pas déraisonnable de penser que c'était un peu trop, ni trop s'avancer de croire que sa présence était actuellement un peu superflue. Pour ne pas dire légèrement indésirable.

_ Je vais vous laisser. Je reviendrai plus tard.

Ses talons annoncèrent son départ, et elle devait se faire violence pour que leurs claquements soient réguliers et patients. Surtout patients. Elle n'avait pas envie qu'il la retienne parce qu'ils s'en sentait obligé ni qu'il la retienne tout court d'ailleurs. Elle reviendrait le soir, exactement comme elle était venue à l'instant, et ils rejoueraient leur rencontre sans que le moindre grain de sable ne vienne s'immiscer sournoisement dans son protocole.
Ils recommenceraient autant de fois qu'il le faudrait.
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Mer 4 Fév - 22:09
DÉSERTS.
La clef abandonnée dans la serrure, il savait ce qu'il était venu chercher. Cacher.
Plutôt.
Il l'attrapa à deux mains. Précieux contenant, qu'il serra contre lui. Elle était glacée, et son cœur se glaça aussi. Le froid était contagieux, il ne le savait que trop bien. Déglutit un instant, chercha où la mettre pour que son invitée ne puisse poser les yeux dessus. Là où lui seul pourrait la voir. En hauteur. L'armoire lui sembla être une bonne idée. Les premières étagères étaient posées de sorte à ce qu'elles soient accessibles pour lui, pas pour les autres. Il suffisait de soulever quelques vêtements, de décaler ses pulls, puis de les entasser dessus. Ce n'était rien. Il était désordonné. Il se rasait dans la cuisine, laissait traîner ses livres, ses cours, ses notes... Ses notes.
Volte face. Un instant de doute, avant de s'emparer d'un haut à la va vite et d'aller chercher un carnet, tranquillement posé sur sa table de chevet. Le ranger, simplement, parce qu'il n'y avait rien à voir. Rien à voir du tout. Et elle frappa la porte, et il crut avoir une attaque. Ce n'était rien. Elle allait partir. Et pour quelque obscure raison, il se sentit frissonner.

Non.
Non.
Enfiler son haut comme il put, rouvrir la porte, la refermer. Brutalement. Il déposa la clef sur la console sans même penser à verrouiller la porte. Sa main trop occupée à attraper son poignet, à la tourner vers lui, la rapprocher, se rapprocher, parer à une éventuelle chute en l'enserrant par la taille d'un bras. Elle pouvait le dévisager, oui, elle pouvait. Lui même n'avait aucune idée de ce qu'il faisait, juste qu'il devait le faire. L'instinct. Il avait l'habitude.
Pas elle, pas comme ça, et il ne manqua pas de rougir correctement.

- V-V-V-V-Vous... Vous, vous... Vous pouvez rester. Si vous v-v-v-voulez. Enfin, je...

Tu n'as pas envie qu'elle parte, c'est tout.
Lâche la. Imbécile.

- C'est que... Vous... Vous n'avez r-r-rien fait, juste... Juste, c'est... C'est tout le t-t-temps c-comme ça... Enfin...

Il ne pouvait pas détourner le regard plus que ça, à moins de se dévisser la tête. Ou de disparaître, directement. Il choisit plutôt de couvrir ses yeux avec ses paumes. Ce n'est pas un simple haut qu'il aurait fallut prendre, mais une veste. Une énorme veste en peau et en fourrure pour cacher sa tête dans la capuche et ne plus avoir à parler, à expliquer. Il n'y avait rien à expliquer.

- J-J-J-Je ne sais p-p-pas... C'est... Minable...

Grand bien lui fasse. Un hôte misérable.

- Restez, je v-v-vous en prie, je...

Il recommencerait autant de fois qu'il le faudrait.
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Mer 4 Fév - 22:09
Le désert de mon coeur

Tyee
Le pauvre garçon.
Elle n'arrivait pas à lui donner un âge exact, ni même un âge tout court, mais c'était un petit garçon et cela lui fit monter les larmes aux yeux, chose qu'elle n'appréciait guère. Heureusement il ne regardait pas, qu'elle pouvait voir que lui ne voyait pas, sinon elle se serait certainement dégagée, mais il ne regardait pas, elle pouvait rester, tout près, comme ça, parfait. Plus parfaite cette distance gênant qu'une distance parfaite. Il lui facilitait la tâche mais plus cela lui semblait facile, plus était prise de remords et elle en était déjà presque à abandonner, à tout lui dire et à rentrer chez elle. Sagement. Et ils feraient comme si elle n'était jamais venue toquer chez lui pour lui demander ce dont elle n'avait pas besoin. Elle avait tout et il le savait très certainement. Quoi qu'elle pourrait lui dire il penserait sans doute qu'elle le voyait comme un caprice, et plus elle se rapprocherait plus elle le lui confirmerait. Il valait mieux s'en aller, définitivement, mais maintenant qu'elle était si près elle n'en avait aucune envie et sa raison se disputait avec son désir.
Il y avait longtemps que cela n'était pas arrivé.

_ Je peux vous toucher ?

Demande bien inutile car elle le fit sans attendre, attrapant ses doigts pour les écarter de son visage et elle prit ses mains dans la sienne comme si elle essayait de les couver ces grandes mains brunes dans ses petites siennes. Immaculées, lisses et douces comme des draps de literie d'hôtel, aux poses aussi artificielles que celles des peintures d'atelier du XVIème siècle qui jalousaient les cloques et les coupures. Elles semblaient en bois, les larges mains rugueuses, abîmées et généreuses. Elles étaient magnifiques. Bien sûr, c'était son visage qu'elle regardait, pas ses mains, ce n'est pas poli de s'adresser aux mains de quelqu'un.

_ Tyee... Je peux vous appeler Tyee ? Qu'est-ce qui est tout le temps comme ça ? Qu'est ce qui est minable ?

Froncer les sourcils, légèrement, avoir l'air inquiet sas que cela devienne une grimace.

_ Je vais rester, puisque vous le voulez bien, et je vous remercie mais par pitié, arrêtez de vous affoler. Je suis arrivée à l'improviste et vous n'avez pas à essayer d'être un hôte parfait. Si c'est à votre porte que je suis venue frapper, ce n'est pas par hasard.

Son sourire encourageant à elle l'était, parfait. Comme toujours. Il était même inutile de le préciser.

_ Alors s'il vous plait, arrêtez.

D'ordinaire les gens se font la bise mais je vais vous épargner cette précision. Vous avez déjà eu votre compte, dira-t-on, et je ne tiens pas à vous voir à nouveau vous enfermer dans votre chambre.

_ Qu'est-ce que vous mangez d'ordinaire ?

Qu'elle puisse prendre ses dispositions pour être hôte et hôte à la fois.
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Mer 4 Fév - 22:10
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Leur dieu avait demandé à ce que la lumière soit. S'il avait pu se terrer dans l'obscurité, il l'aurait fait. S'il avait pu ne plus avoir à la regarder en face, il l'aurait accepté, humblement. Ses dents trop occupées à dévorer sa lèvre inférieure pour lui répondre. Elle avait fort à faire avec lui. Elle avait frappé à la bonne porte. Si elle voulait du calme, du silence, un asile de tranquillité dans lequel se ressourcer, elle l'avait trouvé. C'était là sa seule propriété. Un bien unique.
Il ne nota pas l'effort qu'elle faisait pour le regarder et pour cause, lui fixait ses deux mains prisonnières entre les siennes. Finit par laisser tomber ses paupières, expirer entièrement. Il serait malpoli, au moins une fois. Il l'était presque trop peu.

- ... Il s-se prononce tsié. C'est amérindien.

Et ça veut dire le chef. Aussi comique que cela soit.
Baisser les yeux sur elle, respirer doucement, ne pas se dégager. Un temps suspendu dans l'air, deux regards qui se nouent. Elle était belle. Stricte, mais belle. Raide, comme une poupée articulée, bien coiffée, bien habillée. Elle était belle. Les yeux trop bas, évitant soigneusement son décolleté. Elle était juste belle et lui juste versatile. Un sourire sincère. Aussi sincère que puisse être un ours en chiffon.

- J'essaye... J'essaye d-d-de faire en sorte q-que ce soit au moins bien. Vous savez.

J'ai perdu espoir de faire quelque chose de parfait un jour. Pas la foi. Je ne l'ai jamais eu.
Dieu devait croire en elle pour l'avoir nantie aussi fort. Pour forcer la lumière sur elle. Ce qu'il pouvait ne pas l'aimer, celui-là. Capricieux et jaloux. Surtout jaloux. C'était chez lui qu'elle était. Chez lui. Et ses mains transies s'apaisèrent. Trouvèrent le courage de laisser les siennes s'oublier entre ses doigts. Qu'elle sache qu'elle était bienvenue. Aussi perturbant que cela soit.

- ... Et j'aime b-beaucoup le renne. Iakoute.

Il n'en avait mangé qu'une fois, et les iakoutes n'avaient pas voulu lui donner leur recette pour qu'il revienne les voir. Son plat de vacances, accompagné d'un rire presque murmuré.

- J'arrête. D'accord.

Mais la suite de la visite sera tout aussi exotique. C'est le prix à payer pour la tranquillité.

- Du gibier. S-Surtout. Des fruits et d-des légumes. Je... Je ne cuisine pas v-vraiment.

Et j'ai très peur d'aller «faire des courses» dans un «supermarché».
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Mer 4 Fév - 22:10
Le désert de mon coeur

Tyee

_ Ne vous en faites pas pour ça. C'est parfait.

Vous êtes parfait. Elle lâcha ses mains, prudemment, comme pour s'excuser de ce contact un peu trop intime avec lui qu'elle ne connaissait pas vraiment. Qu'elle ne connaissait pas tout court. Ils ne se connaissaient pas et elle était chez lui, elle avait perdu son objectif de vue, déjà noyé, oublié par sa manière d'être, comme si elle avait voulu rester sèche en passant sous une cascade. Sèche, ça lui allait bien, mais elle se retint de rire parce qu'il ne comprendrait pas et qu'elle n'avait pas envie de s'expliquer. Un désert finalement, un désert tout trempé lui faisait entrevoir le mirage d'une terre fertile et cette idée lui donnait la nausée. Il avait le don pour remuer tout ce qu'elle rangeait sagement au fond de ses tripes.

_ Du gibier ?

Un haussement de sourcil sceptique, essayant de déterminer si il était sérieux ou si il se moquait d'elle. Un moment de doute avant de hausser les épaules. C'était sans importance.

_ Peu importe, on en trouve en boucherie.

Tant que cela s'achetait, c'était à sa portée et quand on pouvait acheter, on pouvait tout mettre à sa portée. Enfin. Maintenant elle en doutait. Elle pensait seulement trouver du calme ici, mais elle trouvait presque un autre monde, que jamais elle n'aurait pu croire exister si proche de son monde qu'elle croyait le même pour tous. Elle n'était pas vraiment chez elle, plus vraiment dans la même réalité, et elle qui s'était présentée toute vêtue de sa belle assurance, de la certitude de pouvoir tout obtenir, se sentait nue. Mais nue dans les bras de Tyee ce n'était pas pour lui déplaire.

_ Je ne fais pas la cuisine non plus, je me fais livrer par un traiteur. Cela vous ennuie-t-il ?

La bataille était perdue d'avance mais elle ne se rendrait pas, elle ne renoncerait certainement pas à ses habitudes d'entrée de jeu, ce 'était pas parfait ni raisonnable. Si changements il devait y avoir, ce serait doucement, en se ménageant un certain laps de temps, une marge appropriée, pourrait-on dire. Que cela paraisse naturel. Paraître naturel, c'était bien là ce à quoi elle aspirait pour tout et lui l'était, il n'avait pas besoin de le paraître. Elle l'imagina se plier à sa ridicule comédie et elle garda cette image dans un coin de sa tête, pour les moments où elle aurait besoin de sourire.

_ Je ne vous connais pas alors j'aimerais avoir tout un tas d'informations pratiques avant d'entreprendre quoi que ce soit.

Comment aimez-vous faire l'amour ?

_ Où puis-je garer la voiture ?

Surtout.

_ Et voulez-vous que je sois belle ?
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DÉSERTS.
Du gibier.
Un haussement de sourcil lorsque le mot boucherie franchit ses lèvres. À en croire ses manières et sa surprise, mieux valait garder pour lui son loisir de chasse, au moins pour l'instant. Un sourire qu'il eut du mal à contenir, et pourtant il le fallait bien, il n'avait aucune envie de s'expliquer. Il paraissait que ce genre de femme, si tant est qu'il y ait plusieurs genres parmi les genres, n'aimaient pas la critique. Surtout lorsqu'elle n'avait pas lieu d'être. Il se tairait, alors. Mais il avait vraiment l'impression d'avoir en face de lui une touriste fortunée dans un centre de vacances dans un pays pauvre. L'exotisme oui, mais à petites doses.
À toutes petites doses.

L'idée d'avoir à recevoir un traiteur n'allait pas en lui plaisant et il le manifesta avec une expiration sèche, prononcée. Inutile de préciser qu'il ne recevait pas souvent. Encore plus dispensable de noter qu'il ne se risquait pas à ouvrir sa porte à n'importe qui, et certainement pas un employé. C'était chez lui, et seulement chez lui. Et il se meurtrissait déjà d'une telle avarice, mais un asile ne se prête pas. Il avait la décence d'y convier une inconnue dans le besoin, sa générosité s'arrêtait là.
Il pourrait venir, mais il ne franchirait pas le seuil.

- ... Je cuisine peu, p-p-pas mal.

Sourire. On règle tout avec le sourire.
Ses mains libres se cachèrent dans ses manches et ses manches se cachèrent sous ses aisselles, bras croisés. Sa culture vrombissait entre ses tempes pour lui rappeler qu'il n'y avait pas de moyens plus efficace que cela pour avoir l'air gêné. Il n'était plus à cela près. Un instant, et il nota quelque chose qui lui fit pincer les lèvres. Il n'avait pas mal à la nuque. Donc, à quelque chose près, elle faisait sa taille.
Elle faisait sa taille.
Et il se détendit.

- Entreprendre q-q-quelque chose ? Que d-de grands p-projets.

Un pas pour reculer, tanguer sur ses deux pieds sans savoir où se mettre. Il était peut-être temps de la convier à s'asseoir, ou du moins à quitter l'entrée. Mais non.

- Il... Il y a une p-place à côté de la t-t-terrasse. À gauche.

Deux doigts pour montrer ledit côté. Pas de garage, pas besoin, et sa voiture était garée au fond du terrain, à l'ombre. Elle prenait sa voiture sans doute plus souvent que lui, avoir accès directement à la route serait sans doute une excellente idée. Quand à sa seconde question, il ne s'y attendait pas. Ses doigts non plus, et ils retournèrent dans sa manche tandis que son visage prit de jolies couleurs rosées.

- C'est...

Gênant ? Ça l'est toujours.
Secoue la tête nerveusement.

- Pouvez-vous s-seulement faire autrement ? Qu'être b-belle ?

Il en doutait. Il doutait tellement qu'il n'osa plus ouvrir la bouche.
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Le désert de mon coeur


De grands projets.
Si rire d'elle-même ne lui avait pas tant arraché la gorge, peut-être l'aurait-elle fait. De grands projets. Elle n'avait pas de projets, elle n'avait rien, rien qu'elle-même. C'était pour ça qu'elle était là. Elle le regarda un instant sans comprendre vraiment, sans savoir quoi lui répondre, se reprit presque aussitôt, souhaita que ces quelques secondes de flottement soient passées inaperçues. Quelques secondes seulement. Il n'y faisait certainement pas attention, il ne se cachait pas pour rougir. il ne se cachait pas de se cacher.

_ Vous n'imaginez pas tous ceux que j'ai pour nous Tyee.

De projets.
Un garage par exemple, parce qu'elle ne pouvait décemment pas abandonner sa voiture là, comme ça. Pas ce genre de voiture à ce genre d'endroit, c'était comme l'offrir à des voleurs potentiels. Non, non, elle serait au garage et si Tyee n'en construisait pas un, elle la garerait chez elle, quitte à revenir à pieds jusqu'ici. En talons. Mais tout aussi extrême et ridicule que ce soit, elle l'aurait fait pour sa Rolls. Elle cautionnait beaucoup moins l'attitude ceux qui étaient capable de ce genre de choses pour une Peugeot, parce qu'après c'était les mêmes pauvres pauvres qui avaient le culot de condamner les riches et l'attachement aux bien matériels. Un Rolls Phantom c'était pas une Peugeot bordel. Oui, elle avait pensé "bordel", mais ce qu'elle pensait restait dans sa tête, il n'y avait pas besoin de s'encombrer d'un souci de perfection. Dans sa tête il n'y avait personne pour la juger.
Elle retire ses chaussures, les posa sagement l'une à côté de l'autre, contre le mur, perdant dix bons centimètres au passage. le contact de son talon contre le sol la fit frissonner, c'était confortable mais elle n'était pas à l'aise, elle n'avait pas l'habitude que ses pieds touchent le sol.

_ C'est une bonne question. Je peux essayer.

Essayer de ne plus être belle. Il suffisait de ne pas s'entretenir, mais elle se savait incapable d'y parvenir. Elle resterait mignonne, belle peut-être, ils avaient mis le prix pour ça. C'était tellement pratique.

_ Je fais un peu la cuisine aussi si la venue du traiteur vous dérange. Enfin, j'ai commencé il y a quelques semaines, je participes à un club le jeudi soir, pour apprendre à réaliser des plats simples. Ce n'est pas très glorieux hein, mais je sais faire deux ou trois petites choses.

Un regard sceptique à la petite cuisine de Tyee où elle s'imaginait déjà se battre avec ses aubergines en essayant de faire des pâtes aux légumes. Comment pouvait-on être pauvre ? Comment pouvait-on faire la cuisine tous les jours pour se nourrir, nourrir une famille ? Comment pouvait-on faire la vaisselle tous les jours ? S'abîmer les mains avec des produits ménagers corrosifs ? Elle regarda ses mains blanches et douces. Elles avaient oublié tout cela, et elle aussi avait oublié.

_ Vous compter construire un garage près de la terrasse ?

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>
DÉSERTS.
Il en avait rêvé, de son américaine.
Il avait toujours aimé les femmes. Du plus loin qu'il s'en souvienne. Physiquement. Il les aimait pour leur corps, avant tout parce qu'elles le fascinaient. Il y avait de la douceur, dans le corps d'une femme. Malgré le peu de considérations qu'on avait apporté aux genres dans son enfance, les femmes étaient toujours douces. En y repensant, c'était même étrange, mais au quotidien ce n'était pas les hommes qui cousaient et quand ils échangeaient, le rendu sur un travail pourtant semblable ne l'était jamais, lui. Chacun avait ses tâches, même indépendamment de son genre, même bien loin de la sexualisation, et les femmes avaient toujours été douces et leurs courbes plus harmonieuses que celles des hommes. Plus rondes, plus sphériques, plus globales, plus romantiques.
Il n'en savait trop rien.
Dès qu'il commença à apprendre, il s'imagina les femmes d'ailleurs. La Parisienne en premier lieu, l'Américaine ensuite. Comme s'il y avait un type clé, comme si la femme évoluait d'une ville à un pays, d'un pays à un autre pays, aussi idiot et peu glorieux que c'était, il se les imaginait. Il s'imaginait leur physique, nu ou habillé, face ou profil qu'importait. Il se les imaginait. Dès qu'il commença à voyager il trouva les femmes d'ailleurs. L'Ukrainienne, la Mongole, l'Espagnole, la Thaï. Toutes les femmes qu'il pouvait voir il les comparait à son modèle pleins de clichés et riait de voir qu'elles étaient bien plus qu'un corps fantasmé, elles étaient en mouvement et en vie. À l'époque, Marilyn ne le laissait pas indifférent.

Il avait trouvé sa Marilyn.
Et il ne put s'empêcher de sourire.

Tellement fausse qu'elle en devenait drôle. Pas risible, mais drôle d'être incapable de voir à quel point elle pouvait être belle à chaque instant. Elle aurait pu être à peine levée et toute farineuse qu'elle aurait été belle. Elle aurait pu être malade qu'elle aurait été belle. Elle pouvait perdre ces centimètres artificiels, elle serait d'autant plus belle qu'elle serait toujours elle. Et ce qui faisait partie de son charme, c'est qu'elle n'en serait jamais totalement consciente. Pas sincèrement en tout cas. C'était malheureux sans l'être, elle vivrait très bien ainsi, et lui n'arrivait pas à trouver cela dramatique et en riait.
Elle était tellement parfaite.

- Je n'ai... Pas l-l-la moindre idée d-de la valeur de votre voiture.

Son regard bas, mais il lui devait bien ça, et le sourire aux lèvres. Il hésitait à manger sa manche pour le cacher, mais il ne trouva pas même le courage de lever le bras pour la porter à la bouche.

- Je n'y connais rien.

Elle a l'air chère, c'est à peu près tout. Mais tout ici à l'air cher. Vous aussi.
Il tourna la tête vers la gauche alors qu'aucune fenêtre ne pouvait la lui montrer. Il avait simplement besoin de savoir que la gauche était là, que derrière le mur il y avait un jardin, et qu'il y avait la place pour un garage, à peu près. Il faudrait qu'il trouve une nouvelle place pour sa vieille carcasse. Les manches ramenées au niveau des paumes sur les yeux.

- Un g-g-garage...

Et un hochement de tête approbateur. Il faudrait s'y mettre rapidement, mais il pouvait le faire. Ça l'occuperait.

- Vous...

Êtes parfaite.
Si vous pouviez éviter de me voir rougir, ça m'aiderait.

- ... Voulez v-vous asseoir... ?
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Mer 4 Fév - 22:12
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Pas que la voiture.
Il n'avait certainement aucune idée de la valeur de beaucoup de choses mais ce n'était pas bien important, lui au moins connaissait la valeur des choses qu'on n'achète pas. Il n'allait payer un artisan pour le garage, n'est-ce pas ? Il donnerait de lui-même pour mettre un bien au sec, à l'abris d'un vol qui ne lui coûterait pas grand chose avec toutes les assurances qu'elle payait pour sa chère voiture. Elle était malheureuse, malheureuse d'elle, et dans ce petit monde de bois elle aurait été capable d'abandonner et sa voiture et sa maison pour y rester. Mais l'hospitalité pas plus que l'amitié ne s'achetait et elle ne pourrait chez lui indéfiniment.

_ C'était juste une question, je ne vous oblige ni ne vous demande rien. Nous sommes d'accord ?

Elle lui demandait tellement, elle en était certaine, comme on est certain quand on doute parce qu'avec Tyee elle doutait. Comme un frimeur qu'on dépose dans le désert avec sa Lamborghini, où tout om pognon et sa belle bagnole ne peuvent que s'ensabler et ne lui sont d'aucune utilité. Elle était complètement adaptée, en phase avec son mode, elle en connaissait les codes, les règles, et ici ils avaient disparu, ses repères. Heureusement qu'elle avait retiré ses talons car elle chancela, prise d'un vertige, posa une main sur le dossier de la chaise devant elle et respira profondément. Sur sa langue, il y avait presque un goût de sève.
Elle ne répondit pas clairement à sa proposition mais s'assit tout de même sur la chaise à laquelle elle agrippait, soulagée de ne pas avoir à rester debout plus longtemps.

_ Pourquoi n'êtes-vous pas marié ? Pourquoi êtes-vous tout seul ?

Ce n'était pas possible à moins de le faire exprès, ou alors Solal avait raison, les femmes n'aimaient pas les hommes bons. Ou alors il aimait les hommes, les enfants peut-être. Peut-être impuissant. Peut-être, on pouvait imaginer n'importe quoi pour justifier le fait que quelqu'un comme lui soit seul et toujours seul, mais imaginer des choses qu'il ne disait pas c'était lui trouver des secrets, des hontes aussi sans doute. Elle ne voulait pas qu'il ait des secrets.

_ Tout le monde surveille tout le monde dans cette ville. J'ai l'impression de vivre dans une cité-état dirigée par ma belle-famille.

Elle s'adressait plus à elle-même qu'à lui mais c'était sans importance. Il n'y avait qu'ici qu'elle pouvait se le permettre et elle l'espérait trop poli pour poser des questions sur des sujets déplaisants, même si elle en crevait d'envie. Tout lui dire, à lui, ce serait tellement bon. Mais non. Si il savait... Lui qui transpirait l'authenticité ne comprendrait pas, ne l'aimerait pas, et elle ne serait plus vraiment elle si elle se montrait faible. Elle était le masque, et le masque était fait de silence.

_ Merci beaucoup Tyee, pour ce que vous faites, et pour ce que vous êtes.

Je ne vous fais pas de dessin.

_ Y'a t-il quelque chose que je puisse faire pour vous aider en retour. Pour vous faire plaisir peut-être ?

Un bout de jambe qui remonte entre les vôtres.
Peut-être.
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Mer 4 Fév - 22:13
DÉSERTS.
Nous sommes d'accord.
Nous aurions pu ne pas l'être, comme deux personnes aussi diamétralement opposées que nous le devraient systématiquement, mais il n'y a pas de système et encore moins d'opposés et nous sommes donc d'accord. Nous sommes d'accord.
Un sourire pour toi et moi. Un sourire pour nous deux, le sourire de l'affliction et du dévot, de la gêne comme de la fuite. Il n'y avait pas grand-chose à perdre à rester à tes côtés ici, chez moi. Là où personne ne rentre ni ne sort. Là où tout est loin de tout parce qu'elle semble petite, ma maisonnée. Quatre murs de bois qui enferment et le noir à l'intérieur, le noir de l'inconnu et de l'oublié, le noir de l'ermite ou du silence, mais elle est grande ma maison. Elle est large et forte, comme mes deux bras. Mon arme secrète. Elle est chaude et pleine de lumière, rayonnante sous le soleil et c'est parce que le soleil brille plus fort qu'elle qu'on ne la voit pas mais elle est là ma cahute. Ma cabane. Elle est là et nous sommes là. Elle est là et nous sommes d'accord.

Un sourire pour nous et mes yeux pour te soutenir quand tu chancelles, j'ai horreur quand tu chancelles. J'aime mieux t'imaginer sourire, rire et chanter. J'aime mieux te savoir loin d'ici à l'autre bout de la pièce à observer la rue, observer le monde et te rendre compte d'à quel point dehors tout est absurde et qu'il fait bon d'être à l'intérieur de temps en temps. D'être à l'intérieur pour être à l'extérieur, comme les ermites le font, en communion avec l'extérieur et avec eux-même, un intérieur gigantesque duquel on pense sortir mais qui est trop vaste, un peu comme la planète s'étend sous tes pieds et que tu passes d'un désert de sable à un désert de glace. Quand tu es loin à l'autre bout de la pièce et que tu sèmes les graines de ton désert un peu partout tu crées ce qu'il me manque. Tu n'es pas diamétralement opposée, tu es diamétralement complémentaire. Et je préfère te savoir complémentaire plutôt qu'isolée et rongée par ta solitude. Quitte à ce que tu ne sois pas ma complémentaire à moi.
Je. Préfère.

Oh non
tu
n'oseras pas
non
non
araignée perfide ne crois-tu pas que tu en as fait bien assez ?
Tu me fais mal à m'écraser avec toutes tes pattes bien épilées ma
veuve

je pourrais te haïr pour ce que tu fais et pourtant je ne fais que t'aimer t'aimer davantage n'as-tu donc aucune pitié ma veuve mon araignée parce que tu es une araignée et tes pattes tes jambes qu'importe sont redoutables, en tout cas elles fonctionnent très bien sur moi ma veuve mon cœur s'emballe tu le sais, tu le sais, je pourrais te haïr et je n'ai jamais autant aimé que maintenant tu sais
tu me fais mal mon araignée alors
arrêtes
arrêtes
arrêtes
s'il te plaît
arrêtes
arrêtes
haut-le-cœur haut les mains
la poitrine au bord du gouffre le gouffre en une gorge sèche les mains rudes rêches et rien sur les joues puisqu'il n'y a plus assez de pigments pour obtenir un beau rouge
la respiration féroce et les cendres
les cendres
ton soleil brûle et tes jambes me hantent ta jambe en vérité
ta
jambe.

Ta force vient de là et la mienne de mes deux bras.
Mes deux grands bras.

- Parce que je suis mieux seul.

C'est faux
faux
archi-faux
tu mens et tes mains ont fait du mal beaucoup de mal tu le sais -S le sait tout le monde LÀ BAS le sait tout le monde et toi tu es là voilà et tu touches encore tu peux toucher ce n'est rien tout va bien
tout va bien
tu peux toucher
toi tu peux
tu n'as
rien fait.

Pourquoi je ne bégaye pas ?
Parce que j'ai confiance en mes deux bras.
Mon arme secrète.
Parce que je ne parle pas avec la gorge mais avec mes deux bras. Et qu'eux n'hésitent pas. Qu'ils n'ont rien à se reprocher, eux. Ils sont indéfectibles. Justes. Ils n'ont jamais manqué à leur devoir.
Eux.

- Parce que...

Chut. Doucement.
Là, là.
Ça va.
Je range les larmes sous les paupières pour mieux te voir mon araignée. Ça me ferait mal de te rater pour si peu tu sais. Si peu.
Parce que. Voilà. Parce que. Le conflit manque de candeur, non ? Ici c'est trop sérieux. Avec moi c'est trop sérieux. Je t'imagine sourire rire chanter parce que je sais qu'avec moi c'est trop sérieux et que tu ne pourras jamais sourire rire chanter. Juste t'imaginer et j'aimerais que tu puisses.
Avec moi c'est trop sérieux.
C'est pas ma main autour de ton mollet qui dira le contraire je gage. C'est pas non plus mon visage embrumé ni le sanglot dans ma voix, non. On ne gagne rien à être avec moi.

Serre.
Expire.
Serre.

- C'est trop demandé que vous connaître... p-plus avant... ?

Mais vous avez tout à cacher.
Et moi aussi.

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Mar 4 Aoû - 13:51
Le désert de mon coeur




_ Oh, si c'est le cas je vous dérange sans doute ! Je suis vraiment navrée de m'imposer de la sorte, je ferai en sorte que mon séjour soit aussi bref que possible, soyez-en sûr.

Surtout si vous cherchez à en apprendre plus sur moi. Je suis une espionne en mission secrète voyez-vous.

_ Je vous avouerais que je ne saurais quoi vous dire. J'aime l'art et les belles choses dont j'aime également faire partie. Je pense que cela résume assez bien ma manière de vivre, ahaha. J'aime les choses hors du commun monsieur Daendels.

Maintenant que ses jambes étaient sagement repliées sous elle, c'était ses longs cils qu'elle envoyait à l'assaut, ses longs faux cils, dont elle réglait les battements en cadence, tantôt papillons affolés, tantôt grandes voiles aux lentes tensions. Elle se trouvait un peu ridicule, à déployer tant d'efforts ainsi, dans ce milieu où ses signaux seraient probablement mal reçus, pauvre adolescente qui cherchait à capter un réseau dans un bunker contre le monde commun.

_ A part cela je ne me dévoile guère plus au sens figuré, je suis navrée.


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Mar 4 Aoû - 16:23
Le souffle court.

- Ah...

Aisance manifeste.
Il renifla, un peu pathétique et très gêné, soupira, rougit plus qu'il ne l'était déjà.

- Ce... Ce n'est r-r-rien. Pour que... Vous restiez.

Ça n'a pas vraiment de sens. Ça en avait pour lui pourtant et il s'étira dans le carcan compresseur de la situation. Il n'arrivait même pas à étendre correctement son dos, la quitta des yeux pour regarder par la fenêtre, le sol, sa table de salon et puis encore le sol. C'était vraiment très étrange de s'imaginer dans la peau de Bergamote McDonald. Tout y semblait si inconfortable sous les coussins de plumes.

- R-R-Restez autant q-q-que vous le voulez.

Ma maison est la vôtre.
Je suis votre humble serviteur.
Je n'ai pas le cœur à ne pas venir en aide à quiconque me la demande.

- Et je... Mmh, je s-s-s-suis désolé. Pour la question.

Pas comme si j'aimais parler de moi non plus.
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Mar 4 Aoû - 16:37
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_ Oh ce n'est rien. C'est moi qui m'excuse, je dois vous paraître quelque peu... distante. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas par manque de sympathie ou d'intérêt de ma part.

Surtout si vous cherchez à en apprendre plus sur moi. Je suis une espionne en mission secrète voyez-vous.

_ D'innombrables rumeurs courent à votre sujet en ville. Certaines sont amusantes. Généralement, les gens vous supposent Natif et venu de votre réserve, mais d'autres disent que vous venez de l'un de ces villages perdus dans les Rocheuses où se terrent encore les premiers colons de l'Amérique. Un peu consanguins et sauvages sur les bords. Un peu trop pour vous. Certains pensent même que vous faites partie des descendants des Hommes venus par le détroit de Béring. Ce doit être vos traits. Vous êtes pour le moins... exotique.

Et je vous ai déjà dit comme j'aime les choses hors du commun.

_ Alors, lança-t-elle sur un ton bien plus léger, avez-vous beaucoup d'histoires de sauvages à raconter ?

Sur quoi elle cacha son rire derrière une jolie main.

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Mar 4 Aoû - 16:52
... De sauvages ?
Il déglutit, contorsionna son bras étrangement et se gratta la nuque. Peut-être finirait-elle par penser qu'il avait des puces.
De sauvages.
Il ne savait pas bien quoi répondre à cela. Ils étaient peu nombreux à savoir d'où il venait et si le racisme ambiant de ce coin de l'Amérique n'allait pas en lui plaisant, il n'avait jamais eu à faire face à une remarque aussi... légèrement cynique. Il ne savait pas bien comment y faire face. Perdit quelque peu ses moyens.

- Q-Q-Quand il faisait trop froid il arrivait qu'on éventre d-d-des cerfs pour se cacher dans leurs entrailles.

C'est bon, vous avez eu votre dose de frissons ?
Il pâlit, déglutit, la regarda à nouveau. Il n'y avait pas grand chose à faire sinon.
Un sourire envolé.

- Mes... ancêtres sont canadiens. Ça explique l-l-l-l-la... Il mit sa main au-dessus de lui, la rangea très vite. La taille.

Son rythme cardiaque se remit peu à peu de ses émotions.

- Je ne suis p-p-p-pas leur descendant direct, d-d-de fait. J'en ai les t-t-trais. Question de génétique.

Nouveau sourire un peu coincé.

- Je n-n-ne suis pas t-très bon physionomiste. Et je ne sais p-pas ce qu'il se dit à v-v-v-votre sujet.

Un temps pour respirer.

- On dit... tant de choses ? À m-m-mon sujet ?
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Mar 4 Aoû - 17:10
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_ Il ne vous manque que la chemise à carreaux ! J'ignorais que ces rumeurs étaient fondées, pour tout vous dire. Ma question a du vous paraître extrêmement déplacée, j'en suis navrée.

Elle ne l'était d'aucune façon.

_ Il ne se passe pas grand chose dans cette ville et les gens étant capables d'inventer des histoires de meurtre sur la base d'un malheureux baiser échangé au parc, croyez bien que quand un personnage comme vous fait son entrée, cela procure des histoires pour les dix ans à venir. Et autant sinon plus d’inepties, je le crains.

Elle leva les yeux aux ciel et dans sa voix, on reconnaissait sans peine le mépris mondain envers "les gens", cette masse basse et inculte qui se complaît dans sa médiocrité. Elle était au dessus de tout cela.

_ J'ignore l'étendue de ce que se dit sur moi mais les quelques ragots dont j'ai eu vent par hasard sont pour certains un peu vrais et pour les autres complètements fabulés. Fabuleux même, parfois, et je n'ai aucune envie de les démentir. Laisser les gens dans le flou est amusant et confère une certaine... aura, dirais-je. Certes, cela isole, mais la solitude me convient tout à fait, à moi aussi.


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Mar 4 Aoû - 17:32
- Je ne... savais pas q-q-q-qu'il y avait tant à d-dire. Sur tout le monde.

Tu t'en doutais. Ça a toujours été comme cela.
Le plus amusant, c'était de se dire que les gens ne savaient rien et étaient déjà très imaginatifs. Mieux valait en révéler le moins possible, au final, ils seraient capables de ne jamais le lâcher. Cela devait prendre un temps fou de commérer de la sorte.

- Quoique... Nos m-m-maisons elles-mêmes ont d-d-de quoi intriguer.

Les meilleurs voisins que ce monde ait choisi de faire se rencontrer. Parfois l'immeuble vitrée de cette dame lui cachait même le soleil. Il n'en avait déjà pas beaucoup.
Comme il ne savait pas comment continuer la conversation et qu'il avait besoin de thème précis pour se sentir à l'aise, il choisit de trouver un sujet qui lui convenait. Il avait l'impression d'être gauche et de l'être tellement qu'il en devenait égocentrique, mais il se résigna. Il n'avait pas d'autre solution en tête pour essayer de se mettre à l'aise.

- À ce propos. Je... Le g-garage sera à g-gauche. Je déplacerai m-ma voiture et... elle sera au fond d-du jardin. Vous n'aurez p-p-pas à rouler dans la t-terre comme ça. Et je... J'ai la palissade à t-tomber et je m'y mettrai. Je... Ne sais pas combien de temps ça v-va prendre.
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Mar 4 Aoû - 18:34
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Elle n'avait pas prévu d'être aussi intrusive. Vite, vite, il fallait le faire changer d'idée et quoi de mieux qu'un peu d'enthousiasme ? Elle se savait bonne actrice, mais la joie et la bonne humeur n'étaient pas les points forts de son rôle.

_ C'est inutile Tyee, ne vous donnez pas tant de peine pour moi, je vous en prie. Je saurais bien trouver une solution, je laisserais la voiture chez moi et je prendrais le vélo. Que diriez-vous de me voir sur un vélo ? Il me faudra acheter de nouvelles chaussures un peu plus adaptées. Vous voudrez bien m'aider à les choisir ?

Son sourire était tout ce qu'il y avait de plus publicité pour dentifrice.

_ Vraiment. Je ne serais là que pour quelques jours. Moi qui m'étais promis de me faire aussi petite que possible... Navrée je ne suis pas très bavarde. Je ne suis pas très... habituée à être avec des gens. Enfin, si, je suis bavarde mais je ne sais pas faire la conversation.

Elle regarda vers la cuisine, dans l'espoir de trouver quelque chose de pertinent.

_ Vous voudrez bien m'apprendre à vider un animal je vous prie ?

Elle avait trouvé à propos de la cuisine, mais ce n'était pas spécialement pertinent.

_ Et comment vous êtes devenu professeur, aussi. Vous êtes assez intimidant, cela n'a pas du être facile. Nous pourrons faire les deux ensemble si vous préférez j'ai... vraiment du mal à ordonner mes pensées quand je suis inactive. Oui, oui, je sais, mais il m'arrive de faire des choses, je vous le promets.


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Mar 4 Aoû - 20:37
- Le vélo ? Euh... Je... Eh b-bien c'est... Je n'ai p-p-pas beaucoup de g-g-goût en terme de vêtements, vous pouvez l-l-le constater...

Mmh. Elle constatait que t'avais enfilé un haut rapidement parce que ce n'est pas très poli d'être torse nu face à quelqu'un qu'on connait à peine, qui plus est s'il s'agit d'une femme. La pudeur, la bienséance, autant de concepts qui lui échappaient parfois sans le vouloir. Il était parfois trop simple.

- Et je... Vous faites s-s-suffisamment la discussion, v-v-vraiment. La maison est m-moins vide, déjà.

Il n'y a pas que le plancher qui grince, pas que le carillon qui chante. Il ne faisait aucun bruit aujourd'hui, il n'y avait pas de vent. Ses mains s'embourbaient dans sa nuque, ses cheveux. Il ne savait pas trop quoi en faire, pas plus qu'il ne savait quoi répondre à ses initiatives.

- C'est que... Vous voulez v-v-vraiment apprendre à... vider ? Un animal ? Et puis je... Je ne s-s-suis pas devenu professeur ic- comment s-s-savez-vous que j-je suis professeur ?
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Date d'inscription : 06/10/2013
Mar 4 Aoû - 20:54
Le désert de mon coeur




_ Ahaha ! Certaines de ces rumeurs sont colportées par vos propres élèves. Il paraît que vous avez dit à un garçon que vous combattiez les ours à mains nues, le pauvre avait l'air extrêmement perturbé, mais peut-être parliez-vous de Matthias Cleveland ? C'est le seul ours que j'ai jamais croisé dans cette ville.

C'était de bonne guerre.

_ Vous n'avez surtout pas beaucoup de confiance en vous. Je suis sûre que vous saurez très bien me conseiller.

Vraiment. Et je n'ai pas l'habitude d'être sincère mon cher grand petit monsieur Daendels.

_ Et oui, je veux bien apprendre. Je dois dire qu'outre le côté pratique de la chose, les viscères ont petit côté fascinant. Nous vivons vraiment dans un monde... blanc et aseptisé. J'aime bien l'idée de farfouiller... l'intérieur des choses. C'est peut-être un peu bizarre dit comme ça, pardon, aha. Mais je suppose que vous avez compris l'idée.

Un moment où elle posa son regard sur lui comme si il avait été un endroit très confortable où poser les yeux.

_ Vraiment je... si vous avez besoin d'une aide... matérielle, n'hésitez pas à me solliciter. Ce n'est pas faire l'aumône. Je ne fais rien de très intéressant de mon argent alors si il peut vous profiter, ne voyez aucune gêne à me le faire savoir.

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