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Messages : 1339
Date d'inscription : 06/10/2013
Sam 4 Jan - 0:38
C'était plus fort que lui.

Les mots armés d'un bélier plus solide qu'il ne l'aurait cru, solidement attachés à pouvoir sortir, comme il avait pu quitter son giron il y a maintenant des années. Un miracle. Dix ans. Dix ans seuls, chacun. Et enfin, pouvoir lui cracher ce qu'il avait sur le cœur. Sentir poindre les syllabes, trébucher, démarrer sans trop démarrer, largement dépassé. Une tempête en son sein. La gorge nouée autour du mât principal.

- Vous n'avez pas idée. Vous n'avez pas idée de tout ce que j'ai essuyé après votre départ. J'allais mourir, Danarius, et vous le saviez tout autant que moi. Vous en étiez sûr. Alors vous avez continué, vous m'avez laissé. Mais je ne vous en veux pas. Mon travail était de vous protéger, et je l'ai fait. Tout comme je vous ai préservé de ma colère durant toutes ces années. J'ai voulu vous tuer, Danarius. Tant de fois que j'en ai perdu le nombre. Vous êtes mort dans mon esprit de toutes les manières que j'avais la force d'imaginer. Pas toutes celles que j'aurai voulu, parce que vous auriez pu être dans mes pensées Danarius. Vous auriez pu me surveiller, et m'en vouloir. J'ai cru rêver. Combien de fois m'avez-vous hanté, la nuit ? Je vous voyais jusqu'au pied de mon lit. De votre lit. Danarius, le Créateur m'en est témoin, j'ai cru que vous me retrouveriez et que vous n'ayez à mon égard que de la haine. Je vous en ai voulu pour cela, car il aurait été injuste que vous m'en vouliez après que j'eusse rempli mes tâches du mieux que je le pouvais.
Regardez-moi. Regardez-moi Danarius. Si je vous parle à présent c'est à découvert, et je veux que vos sens tous entiers nagent dans mes émois. Car nous sommes semblables vous et moi, à présent. Deux hommes libres. Vous devez m'écouter Danarius, sans quoi vous n'honorerez rien de l'Inquisiteur que vous avez été. Un homme si puissant que personne ne peut lui tenir tête. Tenez-moi tête Danarius. Maintenant. Ne dites rien. Faites-le avec les yeux. Laissez-moi approcher. Laissez-moi vous toucher sans que vous ne puissiez rien faire. Je vous touche, et vous vous laissez faire. Je décide de ce dont j'ai envie. Et j'ai envie de vous embrasser Danarius. De prendre vos lèvres comme jamais je n'ai pu le faire puisque je n'étais pas dans mon droit. Les mordre, à peine, de les baiser jusqu'à ce qu'elles succombent à mes assauts. Autant de salves qu'il faudra. Mon armée est supérieure à la vôtre parce qu'elle est honnête. Guidée par l'instinct et par les mots. Le souvenir de votre majesté ne m'atteint plus Danarius, et cela m'attriste et me rend fier à la fois. Déroutant.
Mais embrasser vos lèvres, puis vos joues, puis votre front. Caresser vos pommettes et confronter nos nez, comme vous le faisiez parfois. Nos deux laiderons de nez. Vous vous souvenez ? Bien sûr que vous vous souvenez. Et de mes mains sur votre torse ? De mon souffle dans votre nuque, de ma langue contre vos pectoraux, de nos cheveux défaits, emmêlés, de votre sexe contre mon sexe et de nos gémissements disgracieux parce que vous gémissiez vous aussi Danarius, avouez-le maintenant, plus personne n'est là pour l'entendre. Pour accuser votre faiblesse quand j'étais là, près de vous. Pour voir que vous rougissiez durant les spectacles auxquels vous m'emmeniez en repensant à ce que j'avais réussi à tirer de vous la veille, à ce que vous tireriez de moi le soir venu. Des heures Danarius, des heures, des jours, des années entières passées à vos côtés, et vous me pensiez idiot au point de ne jamais rien voir ? C'est pour cela que vous n'avez jamais accepté de m'apprendre à lire ? Pour ne pas que je puisse voir ? C'est cruel, c'est malsain, dégradant. Mais cela ne vous affecte pas, n'est-ce pas ? Quelle question.
Est-ce que je perds mon temps, Danarius ? Ce que j'ai sur le cœur vous importe donc si peu ? Dites-le moi, si je vous ennuis. Dites-le, et je me retirerai. Mais vous n'oserez pas. Vous n'oserez pas m'arrêter, j'ignore bien pourquoi. Et ça me ferait du bien Danarius, si vous pouviez m'arrêter, et en même temps comment pourrais-je poursuivre, plus tard ? Jamais plus je n'aurai l'occasion d'être aussi sincère, jamais, c'est simple. Vous... Non. Ne bougez pas. Pas un seul mouvement. J'ai trop attendu Danarius, et il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Je ne savais pas parler, je ne comprenais pas, et maintenant rien de tout cela n'est réglé et me voilà à déblatérer jusqu'à ce que j'en meurs tout ce que je peux dire. Tout ce qui pourra franchir mes lèvres. Je ne vous en ai jamais voulu Danarius. Malgré tout. J'avais envie de vous tuer, mais c'était de votre traîtrise. Pas de vos sévices. J'étais esclave et de ne jamais me rebeller, je les méritai. Je les ai tous mérité Danarius, je le reconnais, et je ne vous en veux pas. Mais vous m'avez abandonné à Séhéron, et pour quelle raison ? Parce que vous faisiez confiance à cet escroc qui vous a soutenu qu'il n'y avait pas de place pour un esclave ? Pour moi ? Danarius, j'étais un esclave, à cet instant ? N'étais-je pas votre garde du corps ? Votre petit loup ? Juste un esclave. Un esclave parmi les autres, simplement mieux coiffé, mille fois plus cher. Combien valent ces tatouages Danarius ? Combien avez-vous dépensé pour me torturer ? Combien avez-vous donné à ma mère, à ma sœur, en échange de mes services et de mon corps ? Tout ça pour me laisser sur le quai comme un chien errant. Tout ça pour partir, sans même vous retourner, sous prétexte qu'il savait mieux que personne qu'on ne pouvait pas m'accrocher au mât sous prétexte que je prendrai trop de place. Vous voyez Danarius, vos efforts et votre patience ont fini par payer. Et je m'en suis sorti. J'ai survécu. Pendant dix ans, sans vous. J'ai tué vos sbires, j'ai tué cette sale garce d'Hadriana, et je vous ai tué vous. J'ai épargné Varania. Vous l'ai-je déjà dit ? Je l'ai épargné. Plus tard, je l'ai retrouvé. Nos regards se sont à peine croisés. Elle ne m'a même pas fait face. À l'instar de vos manières manquées. Risible Danarius, vous l'avez dressé comme vous avez dressé Hadriana. Ça a payé, je peux vous l'assurer. Elle va très bien.

Ses mains sur ses cuisses, la joue contre sa poitrine. Sentir la vie en lui, cette même vie qu'il lui avait ravi une fois. Bel et bien présente, juste là. Sous les côtes. Soulever sa chemise, laisser le bout du nez s’accommoder de si peu d'apparats. Choir contre son nombril, laisser échapper un rire gêné. La langue rêvait de goûter à nouveau à la sensation de liberté. Ses entrailles bondissantes d'une euphorie nouvelle. Contre le fruit mûr, les doigts malicieux, les papilles curieuses d'y goûter à nouveau. D'y goûter vraiment.
Plus tard.
Se jeter sur ses clavicules, langoureusement réveillées, copieusement aimées. Les premiers soupirs alors qu'il ne disait rien. Ses lèvres contre ses lèvres. Intense. Plongée. Les yeux clos, l'imaginant lui aussi profiter de l'instant. De cet instant où il se faisait esclave de l'affranchi, ligoté à ses caresses, prisonnier de ses mots. Le torse amusé par la pulpe de dix doigts, rien que pour lui. Les tétons capturés, séquestrés entre ses ongles, à peine quelques secondes. Ne plus savoir quoi attaquer tant le territoire était vaste. Un conquérant sur son nouveau terrain de jeu. Un terrain qu'il avait déjà perdu, à maintes reprises, tout autant retrouvé. Et les paumes cachées dans ses cheveux. Les crins fatigués, alourdis par leur nouvelle couleur. Le ruban déjà au sol, suivi de sa cape, de son jabot, de sa veste. Déchirer la chemise comme il avait déchiré les siennes des dizaines de fois, ce n'était que remboursement d'une dette qu'il avait considéré comme humiliante. C'était lui qui l'habillait, lui qui les rendait inutilisables, lui qui le punissait de ne pas savoir en prendre soin. Et rien de plus. Les salives mélangées. Largement. Sentir toute sa force contre son bas ventre, la sienne avec. Portée par l'élan et ondulant comme les créatures des fonds marins contre son récif, violente rencontre de leur corps mutilés, l'un par le temps, l'autre par la vie. Les vagues contre les berges. Les runes qui dansent.
Les soupirs se transforment en fracas. La chaise grinçante de supporter leurs précieux ébats.

- Je ne veux pas vous prendre, rassurez-vous. Je veux que vous me sentiez maître, à mon tour. Vous ne me prendrez pas, et moi non plus je ne le ferai pas. Je vous ferai l'amour. Comme jamais vous n'auriez osé le faire, vous ne m'aimez pas. Cela ne se fait pas d'aimer un esclave.

Un soupir. L'effluve du revers du poignet contre la joue.

- N'ayez crainte. Je ne vous en veux pas. Je n'ai pas le droit de vous en vouloir.

Irréel.
Il ne bougeait pas. Se laissait faire. Pantin à sa solde. Marionnette vivante à sa disposition. Un sourire. Un de ces sourires francs, presque coupables de leur existence. La brume aux coins des yeux et rien. Rien ne coulerait. Le visage enfoui sur sa cuisse délogé par l'envie, la sienne, venue englober l'objet du désir. Un baiser, se retirer. L'autre, passionné, le long de sa verve. La langue taquine. Troisième, plus doux. Quatrième. Cinquième. Il les compta. Il y en eu dix-huit. Tous différents. Aucun n'était bénin, et il le savait. Les paumes affairées, plus haut, à réchauffer les flancs. Remonter, reptilien, prendre place sur lui. Eviter soigneusement le contact de leur intimités respectives entre elles, il n'y tenait pas. Partager avec son palais la saveur de leur sueur. Retrouver tendrement les ternis, longs, accueillir ses paumes timides contre ses omoplates. Enfin.
Et lui cracher ces mots, peut-être.
S'abandonner à son étreinte, gémir.
Et lui dire.
Les langues complices. Les muscles tendus. Les poitrines soulevées à l'unisson. Dans l'ordre et le désordre. Et lui dire.
S'enfuir.

Mettre fin au contact aussi soudainement qu'il était arrivé. S'exposer face à lui, nu, debout, épuisé mais couvert de gloire. Essuyer ce qu'il restait de sa salive aux coins des lèvres, ce qu'il restait de larmes entre les cils. Renifler bruyamment. Reculer sans jamais lui tourner le dos.

- Je vous ferai l'amour Danarius. Et vous n'aurez plus rien à redire. Je vous en fait le serment.
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Messages : 1339
Date d'inscription : 06/10/2013
Ven 28 Fév - 22:18
Parce que tu ne te débarrasseras jamais de moi 8D

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